Industrie Textile

La filière textile regroupe la conception, la confection et la commercialisation des textiles et l’habillement y tient une large part. Elle a connu une importante internationalisation au XXème siècle. Depuis le début des années 2000, les pays en voie de développement sont les principaux producteurs, la Chine règne sur les exportations.

En France, le secteur reste dynamique sur les segments des textiles techniques et du luxe. Aujourd’hui, on parle de renaissance. 

Evolution du secteur depuis l’âge d’or de l’industrie textile

Avec l’essor de la machine à coudre après 1829, l’industrie textile connaît une forte expansion en France au milieu du XIXème siècle avec l’apparition de la Haute Couture. Parallèlement, la distribution s’organise via les grands magasins.

Au XXème siècle, le développement des fibres synthétiques fait basculer la moitié de la production française vers des usages non vestimentaires. La seconde moitié du XXème siècle voit la fin de cet âge d’or avec la mondialisation, qui s’accélère à partir des années 90. Une délocalisation massive de la production s’organise, avec de graves conséquences sur l’emploi.

En France, entre 1986 et 2004, le secteur textile a perdu 2/3 de ses effectifs. En 2007, il employait 150 000 personnes, 86 000 dans le textile, 61 000 dans l’habillement, réparties dans 8 000 entreprises. Ajoutons 120 000 personnes qui travaillent dans les enseignes de distribution de l’habillement.  Ces dernières années, la tendance s’inverse : les exportations sont en hausse, la production progresse légèrement, tout comme la productivité.

En 2017, pour la première fois depuis 40 ans, l’Union des Industries Textiles relève une augmentation des effectifs de 3,6% (2000 emplois). La progression des textiles techniques, ainsi qu’une spécialisation vers le haut-de-gamme sont des motifs d’espoir pour l’avenir.

Les spécialisations de l’industrie textile

  • L’industrie textile est un secteur qui en regroupe deux : celui de la production de textile et celui de l’habillement.
  • La partie textile est en pleine évolution avec le recentrage des PME vers la production de tissus biosourcés, de fibres intelligentes qui captent l’énergie ou des données physiologiques. La recherche et développement est essentielle avec une collaboration accrue entre entreprises, laboratoire, écoles d’ingénieurs.
  • L’Etat, lui, finance les pôles de compétitivité textiles. La France est le second pays producteur de textiles techniques européen après l’Allemagne.
  • L’autre atout du textile français est l’industrie de la mode et du luxe. La France est le premier acteur mondial du secteur, 25% des ventes mondiales de produits de luxe sont réalisées par des entreprises françaises avec un chiffre d’affaires qui progresse de 4 à 5% par an.

Les régions du textile

Historiquement, on dénombre trois grandes régions de production textile en France : les Vosges, le Nord-Pas-de-Calais et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

La région Rhône-Alpes est la première région française du textile. Durement frappée par la crise, elle a perdu 50% de ses effectifs entre 1993 et 2008. Traditionnellement tournée vers le tissage de la soie, elle est devenue le leader français des textiles techniques et industriels, dont elle réalise 70% du chiffre d’affaires national.

Le Nord-Pas-de-Calais s’est développé dans l’industrie lainière, la filature du coton et du lin. La majorité des entreprises ont fermé leurs portes et le secteur s’est lui aussi réinventé via les textiles techniques. Dès 1995, l’Etat et la région ont mis en place une mission régionale des textiles techniques.

Dans les Vosges, on dénombre 2 500 salariés alors qu’il y en avait 30 000 dans les années 70. Les ateliers de confection textile y représentent une grande part et les entreprises misent sur le savoir-faire et la recherche par les consommateurs de produits écologiques. Lin et coton bio sont à l’honneur, de gros efforts ont été entrepris en recherche et développement pour promouvoir le tissage de fibres naturelles (chanvre, ortie). Des efforts payants puisque certaines entreprises relocalisent partiellement leur production, notamment en chaussettes et linge de maison.

Un retour au made in France ?

Dans le textile et l’habillement, les importations restent la norme (85% des biens consommés sont produits à l’étranger). Cependant, le retour de la production locale est réel.

Un retour qui repose sur plusieurs facteurs : prise de conscience par les consommateurs de l’importance sociale de leurs achats, primauté de l’écologie (le secteur textile est le second plus polluant au monde), nécessité de repenser la gestion des stocks.

C’est le concept de slow fashion, en opposition au fast fashion, consommation à outrance de produits bas de gamme. Cette prise de conscience est incarnée par des enseignes historiques et de nouveaux acteurs. La créatrice de mode Agnès B. a toujours tenu à ce qu’une partie de ses vêtements soient fabriqués en France, mettant en avant le savoir-faire des « petites mains » de la filière. De nouveaux acteurs comme

Le Slip Français ou 1083 sont apparus. Internet leur a permis de commercialiser leurs produits sans implantations physiques, de jouer sur l’humour et un patriotisme bon enfant pour le premier, sur la fibre écologique et « circuit court » pour le second . Saviez-vous que 1083 est le nombre maximum de kilomètres que peut parcourir un produit de son lieu de conception à celui de résidence de l’acheteur ? 1083 a également repensé le concept de stocks en instaurant un système de pré-commandes avant le lancement de la production.

Une enseigne comme Le Coq Sportif est fière de s’afficher comme tisserand bonnetier à Romilly-sur-Seine depuis 1882 et a relocalisé sa conception en France ainsi que la fabrication de ses séries limitées.

Bleuforêt, enseigne des Vosges, a toujours gardé sa production en France et a abandonné la sous-traitance à l’étranger de la marque Olympia pour revenir à une fabrication française.

Le made in France est un marché de niche, mais qui compte.